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Professeur

Augustin Ngumbi Amuri

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Actualité ENTRE L'AFRIQUE ET LA COUR PéNALE INTERNATIONALE, çA SE COMPLIQUE

Publier le 01 Septembre 2019 à 18:49 sous autorité de Prof. Augustin Ngumbi
ENTRE L'AFRIQUE ET LA COUR PéNALE INTERNATIONALE, çA SE COMPLIQUE
Publier le 01 Septembre 2019 à 18:49 Par AUGUSTIN

Après avoir annoncé son retrait de la CPI, le gouvernement sud-africain vient de se heurter à la justice qui lui ordonne d'annuler le processus pour une question de Droit. L'Afrique du Sud et d'autres pays du continent se sont engagés dans un bras de fer avec la Cour de La Haye.

 

Le gouvernement sud-africain devra soumettre à l'approbation du Parlement la procédure de retrait de la Cour Pénale Internationale (CPI). Ainsi en a décidé la justice. Le gouvernement et le président Jacob Zuma avaient enclenché le retrait après une vive polémique : le refus d'arrêter sur son sol le président soudanais Omar el-Bechir, qui était sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI pour génocides, crimes contre l'Humanité et crimes de guerre au Darfour.

 

Le Burundi et la Gambie avaient emboîté le pas de l'Afrique du Sud à l'automne 2016. Une première depuis la mise en place de la CPI en 2002. Pour quelles raisons ces pays ont-ils décidé de rompre leurs relations avec l'institution ? (Il est à noter que depuis l'arrivée d'un nouveau président à la tête de la Gambie, le pays a annulé son retrait). La réponse de Julian Fernandez : professeur de droit international à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas, invité des Enjeux Internationaux :

"Le motif avancé, qui n'est peut-être le motif réel, est que la Cour serait devenue une institution néocoloniale raciste qui ne viserait que des pays africains, et ne s'intéresserait pas aux crimes commis ailleurs : en Syrie, en Afghanistan, en Irak. Donc la Cour aurait un tropisme africain. Elle serait partiale".

Pour le chercheur, cette décision est d'autant moins compréhensible que les pays africains sont très bien représentés au sein de la CPI :

"Ce sont les pays africains qui ont les premiers ratifié le Statut de Rome (1998), qui sont les premiers devenus membres de la Cour Pénale Internationale. Et c'est le continent, avec l'Europe, qui est le mieux représenté à la Cour (un quart des 124 Etats). Et puis ce sont les Etats africains eux-mêmes qui ont saisi les premiers la CPI. Les premières enquêtes, les premières affaires de la Cour lui ont été proposées par la République Démocratique du Congo, l'Ouganda, la Centrafrique, le Mali".

Les vraies raisons de ce retrait seraient en réalité peu glorieuses :

"Tout a changé dès que la Cour s'est intéressée aux crimes commis par les dirigeants en exercice en Afrique. En 2009, avec le premier mandat d'arrêt contre Omar el-Bechir, dirigeant du Soudan pour les crimes commis au Darfour. En 2011, avec le mandat contre Mouammar Kadhafi en Libye. Et puis en 2012, quand la Cour s'est intéressée à Uhuru Kenyatta, qui va devenir ensuite président du Kenya. Et ça, une partie des Etats africains ne l'a pas accepté".